04.10.2006
Juste pour vous faire rire...ou pleurer !
Attention !!!
Le texte qui suit est long et donne mal au crâne !
Mais je voudrais que vous le lisiez.
Préparez l’aspirine.
Car voici que s’avance…
Le monstre.
Le pachyderme tentaculaire qui ne meurt jamais.
Le vampire masqué du pouvoir.
La tonnante arrogance de l’ignorance et de la bêtise.
Le refuge des petits chefaillons frustrés.
L’hydre qui aura votre peau.
Rien ne sert de courir.
Elle est partout.
Elle vous aura.
Que vous soyez dans votre droit n’a aucune importance pour elle.
Elle vous pourrira la vie quand-même !
Le seul fait d’être né ou de résider en France vous rend esclave de ses sautes d’humeur de vieille fille frigide et frustré.
La voilà !
C’est elle :
L’administration Française.
Comment vous dire ?...
Avez-vous lu « Les Douze Travaux d’Asterix » ?
Oui ?
Vous voyez l’épisode de l’immeuble qui rend fou ?
Eh bien, c’est l’immeuble de l’administration française !!!
D’aucun pourrait penser que cet épisode est exagéré.
EH BIEN NOOOOOOOOONNNNNNNNN !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!
Je viens d’en faire les frais.
Revenons au début de ma mésaventure : je suis chanteuse et je suis INTERMITTENTE DU SPECTAAAAAAAAAAACLEEEEEEEEEEEEE !!!!
Bref, je suis dans la merde.
Intermittent, il fallait l’être jusqu’au milieu des années 90, pas après, manque de bol, je suis trop jeune pour avoir connu cet âge d’or qui ne croulait pas sous la bêtise de la paperasserie.
Alors, je vais essayer d’être clair pour nos amis d’autre pays que la France qui n’ont pas la joie d’avoir ce régime tout spécialement conçu pour parquer les inutiles de la culture sous couvert de pouvoir les aider à vivre et donc à créer et donc à faire progresser l’art et la société même en période de vache maigre…
Pour être intermittent il faut :
Bosser en CDI dans une grosse boîte de télévision mais être payé en intermittence parce que comme ça vous coûtez moins cher à votre merveilleux patron (il y a moins de charges à payer). C’est illégal, ça bousille le régime de l’intermittence, mais tout le monde s’en fout !
Travailler au ministère de l’intérieur, par exemple. J’ai eu ouï-dire que certain étaient au régime intermittent. Par quelle miraculeuse magie, ça, I don’t know ! Le merveilleux monde du spectacle de la politique sans doute. Ça aussi c’est illégal, mais, bon, c’est l’Etat alors… Info ou intox ?
Et puis, il y a les autres, les artistes, les techniciens du spectacle, les VRAIS intermittents, et pour nous, c’est la galère !
Pour devenir intermittent quand tu as choisi la voie damnée de l’art, il te faudra faire 507 heures minimum en 8 mois ½.
Pas évident vu la chute de la culture en France, mais c’est faisable et cela fait trois ans que j’y arrive.
Ces 507 heures effectuées, vous allez voir votre assedic (administration du chômage en France) et vous dites : « A y est ! J’ai été une bonne élève. J’ai droit à un cuni maintenant ? »
Et vous voilà intermuttant, pour le meilleur et surtout pour le pire, marié(e) à l’administration française.
Etre intermittent, en avoir le statut, fait que vous serez indemnisés les jours où vous ne travaillez pas ou les jours où vous travaillez mais que votre employeur ne vous paie pas (répétitions, écriture, composition, et oui, on peu parfois travailler des mois à monter un pectacle sans être payé même si les cachets qui suivent ne sont pas terribles). Vous avez droit à 243 jours d’indemnisation calculés sur une division en 12 mois du total de vos gains sur les 8 derniers mois et demi.
Vous me suivez toujours ?
Bien. Il se trouve que cette année, je n’ai pas eu de travail d’août à mi-décembre 2005. Autant dire que mes 243 jours d’indemnisation ont fondu comme neige au soleil.
Bref, j’ai retrouvé du travail et trimé comme une dingue sans quasiment de jour de repos de décembre 2005 à début juin de cette année pour rattraper tout ça.
Bingo : au premier juin 2006, j’avais 578 heures en revenant 8mois et demi en arrière.
Hourra me dis-je, tout va bien, je vais retrouver mes droits qui étaient épuisés depuis le 27 mars 2006.
C’était compter sans cette grande incongruité qu’est l’administration française.
Mes ennuis ont commencés début juin.
Nos employeur sont censés envoyer à l’administration des feuillets attestant du nombre d’heures travaillées et du salaire perçu pour ces heures et ce pour chaque mois.
De mon côté, je dois pointer tous les mois par internet en donnant les mêmes infos.
Attention, si y a pas concordance entre ce que votre employeur envoi comme infos et les vôtres, c’est vous qui êtes baisé : vos heures ne seront pas prises en compte, de même que si vous oubliez d’en inscrire certaines. Impossible de corriger ces erreurs !
Début juin, sachant qu’avec mon dernier contrat j’avais mon sésame pour retrouver mes droits, je m’en vais trottinant, légère comme le vent, au guichet de mon administration.
Première déconvenue : mon employeur n’aurait pas encore envoyé les feuillets et donc ma situation serait bloquée.
Il se trouve que mon employeur m’envoie deux copies de ces mêmes feuillets.
Je dis donc au guichet : « Ne peut-on pas utiliser les miens ? »
« Il faut ceux de l’employeur. »
« Oui, mais ce sont les mêmes ? »
« oui. »
« Alors on peut utiliser les miens »
« Non, il faut ceux de l’employeur. »
« Mais je les ai là, avec moi !!! »
« Il faut ceux de l’employeur. »
« … »
Je me suis tue, parce que je crois que s’il m’avait encore une fois dit « il faut ceux de l’employeur », je l’aurais sauvagement torturé avec son propre air niais de robot lobotomisé !!!
Je m’en retourne chez moi et décide de faire le siège téléphonique de l’administration.
15 jours plus tard, toujours rien.
Où sont passés les feuillets ?
Une grognasse d’accueil pas accueillante du tout me dis que c’est sûrement la faute de mon employeur qui n’a pas fait son travail. Ce à quoi je réponds que je bosse régulièrement avec eux et que ça m’étonnerait.
Je décide donc d’appeler mon employeur… qui me dit que les feuillets sont partis depuis bien longtemps et a la gentillesse d’appeler la section administrative réservée aux employeurs et à laquelle je n’ai pas accès : celle où sont envoyés ces sacré bon d… de feuillets !!!!
Coup de théâtre : la saisie informatique des feuillets est bloquée parce qu’un scribouillard de merde a découvert qu’il y avait une différence d’un chiffre dans mon numéro de sécurité sociale et qu’il est parti du principe que la toute puissante administration française ne pouvait pas se tromper et que c’était la faute de mon employeur.
A-t-il appelé ou envoyé un courrier (ils adorent les courriers, la déforestation inutile, etc…) pour éclaircir la chose ?
NON.
Ils savent envoyer des courriers pour vous dire qu’ils vous ont laissé un message sur votre répondeur (si, si, c’est vrai !), mais pour des choses importantes, non.
De fait l’erreur venait d’eux !
Cette dernière enfin corrigée, je me dis que tout va rentrer dans l’ordre.
Naïve que je suis ! Grosse bêtasse va !!!
Je suis allée aux assedic quasiment tous les jours pendant 10 jours à la suite de çà jusqu’à ce que, Alleluia !, ces putains de feuillets apparaissent sur l’écran d’ordinateur du guichetier de l’administration (jamais le même, ce serait trop beau qu’une seule personne suive votre dossier, à chaque fois il faut tout réexpliquer, et à chaque fois, la réponse est différente !!!!).
C’est bon, vous avez les heures nécessaires, vous pouvez remplir un dossier de réinscription.
Je m’exécute séance tenante.
On me dit que ça ne prendra pas plus de 10 jours.
Heureusement : ça fait un mois que ça dure la plaisanterie.
Deux jours plus tard, samedi dernier, forcément le week-end, je reçois un courrier me disant que je n’avais pas fait assez d’heures entre juin 2005 (date du renouvellement de mes doits et indemnités) et le 27 mars 2006 (date de fin de ces mêmes droits) et que par conséquent je n’avais droit à rien.
J’ai dû ronger mon frein tout le week-end et me voilà, ce matin, quelque peu angoissée, de retour dans l’immeuble qui rend fou.
Là, un guichetier que je commence à connaître à force de le voir tous les jours, m’explique qu’on ne peut pas prendre en compte les heures que j’ai faites entre juin 2005 et le 27 mars 2006 pour rouvrir mes droits et que donc on ne peut prendre que celles entre le 27 mars 2006 et juin 2006 et que là je n’ai pas le compte vu que j’ai que 338 heures…
« Mais je croyais qu’on revenait toujours 8mois et demi et arrière à la date du dernier contrat et que si on avait les heures durant ces 8 mois et demi, la machine se remettait en route ? »
« Oui, mais il y a une nouvelle loi qui ne permet plus ça. »
« Ah… »
« Il va falloir que vous attendiez vos prochains contrats et dès que vous avez vos 507 heures, rouvrir un dossier de demande. »
Je ne pense pas avoir besoin de vous décrire l’état dans lequel j’étais. Parce que le soucis, c’est que pour ne pas perdre mon statut d’intermittent, je ne dois surtout pas accepter de travail qui ne soit pas régis par ce régime et que mes prochains contrats commencent fin août.
Comment tenir jusque-là ?
Panique totale.
En plus, depuis 10 jours que je venais aux assedics et qu’on examinait mon dossier à chaque fois, y en a pas un de ces abrutis qui aurait pu me parler de cette loi ???
Eh bien non, et pour cause :
Effondrée, j’en discute avec mon meilleur pote en allant faire les courses (on est collocs) et là, il me dis que si la loi est passée récemment, elle ne me concerne pas car elle n’était pas en vigueur au moment de ma période de droit. C’est le principe de la non rétroactivité.
Les assedic étant à côté du supermarché, nous y retournons ensemble afin de demander l’article de cette loi et la date de sa mise en vigueur.
Là, je tombe sur un autre guichetier qui lui me dis que l’autre m’a raconté n’importe quoi et que bien sûr qu’il allait m’ouvrir un dossier de réinscription sur le champ !!!
Donc voilàje vous passe la suite car je n’ai fini par crier victoire que trois mois plus tard quand ils ont enfin reconnus leur erreur : disons pour résumer que j’ai fini par tomber sur une femme compétente qui a piqué une grosse gueulante et a tout remis en route en 10mn chronos !!!!
Si moi je travaillais comme ça dans le milieu du spectacle… je ne travaillerais jamais, on ne voudrait pas de moi !
Et tout ce temps perdu à rattraper leurs conneries !
Et que dire de leur incapacité à accorder leur discours ?
Comment ne pas être perdu, ils le sont encore plus que nous !!!
Bref, voilà, ça m’a bien pompé du temps et de l’énergie que je devais consacrer à mon travail.
Est-ce le même bordel ailleurs ?
Je pense que j’en rirai d’ici quelques temps…. Et je ne devrais pas me plaindre : après tout, je bénéficie selon certains de l’assistanat français, alors… Vivement que j’ai suffisamment les moyens de ne plus dépendre d’eux.
On va finir comme en Angleterre : obligés de faire un job de merde à côté pour pouvoir faire la musique. Vouloir vivre de son art est-il si obscène que ça ?
Merci d’avoir prix le temps de lire et de vous êtes pris la tête à comprendre…
D’autres témoignages ????
19:25 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : administration, intermittence


