04.10.2006

Adenda à "De la Négation Egalitaire..."

Juste une précision : je ne fais pas partie de ceux qui pensent que c'est toujours mieux chez le voisin, ceux qui idéalisent "ailleurs", non pas parce qu'ils sont mal dans leur pays, mais parce qu'ils sont mal dans leur peau et nous engluent dans leur foutu pessimisme stéril.
A ce type de perçonnes, je dis : "Si c'est si naze ici, si c'est tellement l'horreur, cassez-vous ! de toute façon vous ne serez heureux nulle part parce que c'est dans votre propre peau que vous n'êtes pas bien."
Il est ridicule de croire que tout va mieux ailleurs. Des choses qui vont mal chez nous se passent mieux ailleurs et vice et versa. Par contre voyager et trouver des idées ailleurs pour améliorer l'ici, là, oui, très bonne chose.
J'ai plus une âme de résistante que de déserteuse et pourtant je suis artiste et donc en danger à l'heure actuelle. Mais c'est pas en me barrant que j'améliorerai ma situation, c'est la merde aussi ailleurs, différemment, mais la merde quand-même.
Nos systèmes de valeur et nos systèmes politiques s'écroulent. Aurons-nous la force de chercher du nouveau où allons-nous recommencer les mêmes ânneries ?
Aux vues des débats, je pencherais hélas pour la seconde solution... L'homme a peur du changement, qui plus est lorsqu'il guigne le pouvoir !

03.10.2006

De la Négation égalitaire française conservatrice…

Drôle de titre, certainement obscure, mais qui résume en peux de mots ce qui semble être à la base de nos problèmes actuels…

Négation.
A ce jeu de la négation, nous sommes forts, très forts. Nous n’avons de cesse de vivre dans le dénie et dans le « NON » ostentatoire… Le français dit « non », le français râle, c’est devenu une telle habitude qu’il le fait quoi qu’il arrive, il ne sait plus réagir autrement. Le français refuse de voir ses inégalités sociales et humaines. Le visage de ce foutu pays à changé, il s’est métissé, mais non, non, non, on est encore en 1900, tout le monde est catholique fervent, alors peu importe que les lieux de cultes des autres religions soient trop petits, que des musulmans se mettent à devoir prier dans la rue parce qu’il n’y a pas assez de place dans la mosquée du quartier, non, la France n’a pas changé d’un poil et ne veut pas changer, alors que le changement à déjà eu lieu. Je ne rentrerai pas dans le débat du mariage homosexuel et de l’homoparentalité parce que mon discours est le même : la France refuse de voir que les choses ont évoluées et se raccroche à ce qu’elle nomme des valeurs alors que ce ne sont que des preuves de manque d’ouverture et d’esprit et d’intolérance. Elle se fie à la toute puissante voix de la religion (alors que l’Eglise et l’Etat sont soit-disant séparés depuis longtemps) qui, on le sait, à toujours été d’une clairvoyante tolérance et ouverture d’esprit… !!! Joli monde que voilà qui régis ses lois sur une forme de mystification collective qui a fait ses preuves au cours de l’histoire en tant que bourreau de la Liberté, de l’Egalité et de la Fraternité….

Egalité.
En France, tous les gens sont égaux, tous traités de la même façon puisque c’est un des fondements-même de notre société. Eh bien non, c’est faux et tant qu’on ne l’acceptera pas comme un fait établi, on ne pourra pas passer à autre chose et les transformations continueront à se faire dans la violence de révolutions aussi absurdes qu’inutiles. En France, on ne dit pas les choses au moment où un problème nous pèse, non, en France on est rancunier, on encaisse, on emmagasine jusqu’au moment où ça pète en toute démesure.

Conservation.
La France est un musée, un très grand musée. Nous fumes glorieux et nous nous rabâchons sans cesse ce passé pour ne pas affronter le présent et un futur un peu terrifiant. Les choses ont évolué, mais on continue à vouloir les régir avec des codes trop anciens, les yeux dans le doux brouillard du « il était avant ». N’est qu’à voir le gaullisme acharné… Oublions bien vite que De Gaulle fut l’homme de la situation au moment de la seconde guerre mondiale et que c’est grâce à cette aura-là qu’il devînt chef du gouvernement : il fallait quelqu’un pour contrer le fait qu’on allait nommer un gouverneur américain à la tête de la France et que nous étions à deux doigts de devenir une province américaine… De Gaulle ne fît pas de miracles en tant que président, mais nos politiques agissent comme s’ils restaient bloqués, coincés dans l’espace-temps gaulliste…

Bref, rajoutons à tout cela que le français moyen est sédentaire, qu’il a beaucoup de mal à aller voir ailleurs comment ça se passe, persuadé qu’il n’a pas besoin d’y aller, n’oublions pas notre merveilleuse administration, gros pachyderme impotent, qui ne cesse de nous écraser, des lois sociales qu’on a pas su faire évoluer mais qu’on a préféré bousiller, et on comprendra que le français moyen soit déprimé !

Bref, on ferait bien d’aller voir à l’étranger comment nous sommes perçus, même si nous sommes encore auréolés de la flamme Liberté-Egalité-Fraternité : lorsqu’ils viennent vivre chez nous, beaucoup d’étrangers déchantent. Et puis, le voyage ouvre l’esprit, pour l’heure, le nôtre est bel et bien fermé, n’est qu’à voir un des derniers slogans publicitaires pour Telerama où un téléspectateur nous dit qu’il n’était pas conscient, jusque-là, de n’avoir regardé que des chaînes hétéro, slogan auquel j’ai envie de répondre : « ben, si ! ». Une télé hétéro, très très blanche et un rien misogyne où les magazines littéraires se font essentiellement entre hommes…
Finalement, on est resté très très béret, baguette, verre de rouge et deudeuche… hélas !